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Graines d'anarchie...

projet d'insertion par l'activité !!! Ins'Temps est une autre manière de faire...

 

 J'ai monté fin 2011 un dispositif d'insertion par l'activité pour une communauté de communes qui voulait acquérir une friche industrielle. Comme elle n'a pas été au bout de son projet, je me retrouve avec un projet top oppérationnel et aucun site pour le faire naitre... Dans l'idéal et pour des questions déontologique ce site doit appartenir à une collectivité puisqu'il sert l'intérêt public en valorisant un bien public... Lisez le, je vous le confis, faite le savoir... Merci !!

 

 

Ins'Temps...  

Et si la distance n’était qu’un prétexte à l’éloignement ?

 

concepteur et rédacteur : Philippe Drenntel.

Novembre 2011

Sommaire...

  • Introduction ou...  L’IAE et les bons sentiments...
  • Mobilisation, Mutualisation... Plus qu’un chantier d’insertion, une plateforme de remise en emploi et de services à disposition d’une communauté de communes et du secteur marchand.
  • Évolution, Réalité.. Une plate-forme évolutive ancrée dans la ruralité, ancrée dans la réalité d’un territoire.
  • Réactivité, Besoin... Une structure d’accompagnement répondant en temps réel aux besoins des communes et des entreprises.
  • Dynamisme, Offres... Une proposition de parcours d’insertion dynamique, de formations  millimétrées orientées vers les services à la personne, vers les déficits en main d’oeuvres du secteur marchand.
  • Partenariat, Complémentarité... Une proposition de parcours de remise en emploi établi en partenariat et à la commande des entreprises concerné par ces déficits (le savoir faire).
  • Accompagnement, Employabilité... Un accompagnement des bénéficiaires des parcours basés sur l’employabilité (le savoir être).
  • Confiance, Regards... Un atelier du «néant» dédié aux bénéficiaires les plus en mal de repères.
  • Lieu, Identité... Un site dédié, évolutif, fédérateur.
  • Conclusions...

 

 

Introduction ou... L’IAE et les bons sentiments...

Les structures d’insertion par l’activité économique ont été crée à une époque ou l’on parlait de la fracture sociale. Le législateur a demandé au secteur associatif de concevoir et de porter des dispositifs qui auraient pour vocation de proposer une activité conduisant à l’emploi.

Le secteur associatif est dirigé par des conseils d’administration constitués d’administrateurs bénévoles. La présence de ces administrateurs est essentiellement due à une volonté humaniste individuelle qui peut prendre différentes formes : intérêt, affinité, amitié, vocation, sacerdoce...

La vocation première du monde associatif est de proposer soit un palliatif quand nous sommes face à un déficit, soit un dérivatif, quand nous somme face à un trop plein...

Le législateur a choisi donc de faire reposer sa politique d’insertion par l’activité sur des valeurs que l’on pourrait nommer, pour reprendre un termes utilisé par l’Académicien Pierre Nora, de « vertuisme », et non sur des critères objectifs prenant en compte l’inadéquation de l’offre et de la demande, l’inadéquation des filières qui sont censées conduire à l’emploi en rapport aux besoins réels du secteur marchand.

Ce constat est dramatique, mais il permet de mieux comprendre et de mesurer l’écart qui sépare ces structures construites sur des bons sentiments des attentes ou besoins des secteurs vers qui elles sont censées conduire et qui répondent pour elles au seul critère de la valeur ajoutée.C’est pour ces raisons que les nouvelles attentes du législateur en termes d’objectifs de l’IAE se heurtent aujourd’hui aux projets associatifs des structures qui font l’IAE.

De palliatives, elles doivent devenir réponses. De dérivatives, elles doivent devenir solutions. De parallèles, elles doivent devenir transversales. Ces quelques lignes ont pour objectif de clarifier le positionnement de ce nouveau projet.

Nous ne vous présenterons pas dans les pages qui suivent un énième chantier d’insertion. Nous vous y présenterons ce qui selon notre expérience correspond le plus avec les attentes et les besoins, tant des bénéficiaires, des institutions partenaires et compétentes dans le domaine de l’insertion par l’activité économique (IAE), que du secteur marchand.

Cette nouvelle approche vous fera découvrir la pertinence du millimetrage d’un parcours de remise en emploi. Elle vous fera découvrir la pertinence d’une conduite de projet évolutive, construite sur les besoins conjoncturels d’un secteur géographique donné. Elle vous fera comprendre l’importance de la mise en place de passerelles voulues, ordonnées et non subit par le secteur marchand. Elle vous permettra de comprendre comment de «concurrent» l’IAE peu devenir partenaire, comment de spectateur elle peu devenir émetteur.

Le concepteur de ce projet a déjà prouvé au travers des ACI J’Offre et Pro’Mess que 75 % de ses bénéficiaires (et non 25% selon la formule consacrée par les structures de l’IAE) étaient employables dans un délais de 6 à 12 mois. Il vous propose aujourd’hui de franchir ce nouveau cap en intégrant pour ses 25% resté en échec l’atelier du «Né en»...

 «Né en» (néant) ou quand le rien deviens du bon, ou que le rien devient du beau, ou quand le rien redevient...

Voilà pour les prémices de cette présentation. bonne lecture, si vous l’avez aimé, la suite risque de vous plaire...

 

 

Mobilisation, Mutualisation...

Plus qu’un chantier d’insertion, une plate forme de remise en emploi et de services à disposition d’une communauté de communes et du secteur marchand.

Insertion par l’activité, formation pour adultes, même combat ?

 

DSCF1295.JPG

Préalable...

Remise à niveau, reconversion, qualification, autant de termes qui nous renvoient à la formation, au cheminement et au développement des personnes adultes. Posons nous la question de manière différente. Si ces termes nous renvoient à la formation et au développement, quels seraient les termes qui nous renvoient à l’insertion par l’activité ? 

Déstructuration ? Éloignement ? Impéritie ? 

Si oui, sur quoi ces trois mots reposent t-ils ?

Une appréciation ? L’appartenance à un groupe (être bénéficiaire) ? Un passif ? Une étiquette ? 

En quelques points d’interrogation, voici levé le voile de nos représentations. 

Voilà sans doute pourquoi, nous n’avons eu de cesse de développer et de multiplier les structures parallèles et en marge de la réalité. Il nous fallait proposer des solutions en marge puisque nous conduisions vers une marge ceux que nous considérions comme étant sur le bord de la route... Le bord de la route, l’image est assez juste et l’IAE en est le trottoir que nous avons construit...

Le projet Ins’Temp, à l’instar des projets J’Offres et Pro’Mess, est construit sur une idée phare, devenue aujourd’hui un constat : le retour en emploi d’un bénéficiaire de l’IAE est possible dans un délai de 6 mois dans 75 % des cas.

 

Mobilisation...

L’IAE mobilise. Elle mobilise des valeurs fortes et chères à notre société. La solidarité, l’humanisme et, sous couvert de respect, la charité, la compassion, les bons sentiments... Toutes ces valeurs, de plus en plus mises à mal dans le climat individualiste que nous traversons, sont-elles encore des moteurs suffisants au développement de l’IAE ?

Le projet Ins’Temp mobilise à partir desbesoins d’une communauté, à partir des besoins de secteurs d’activités en tensions. Ces besoins sont générateurs de parcours, d’objectifs, de réponses concrètes pour les partenaires qui les initient. C’est la réponse aux besoins qui devient moteur de la mobilisation. Elle n’est plus ancrée dans le sentiment, elle s’ancre dans la réalité, dans le temps, dans l’apport, dans la valeur ajoutée.

 Mutualisation...

 Il apparaît depuis bien longtemps que les cordonniers sont généralement les plus mal chaussés... C’est sur cette maxime que nous construisons la mutualisation des «bénéficiaires» du projet Ins’Temp. Si nous parlons de «bénéficiaires» entre guillemets, c’est que nous faisons ici référence aux partenaires et non aux salariés en parcours. Il est d’usage de recruter sur CV, sur diplôme, sur expérience et sur le savoir faire... Qu’en est-il des entreprises du secteur marchand qui ne trouvent pas chaussures à leurs pieds ? Sont elles mal positionnées ? L’offre de formation proposée correspond-elle à leurs besoins ?

Nous tenons là une des clés principales du Projet Ins’Temps. Cette possibilité toute nouvelle d’offrir aux communes, aux artisans, aux PME un vivier de salariés formés à leurs besoins. 

Nous ne parlons plus ici de CV, de diplôme, nous parlons de compétences requises et de la mise en place par et avec les «bénéficiaires» des parcours qui conduiront à l’acquisition de ces savoirs faire.

Évolution, Réalité...

Une plate-forme évolutive ancrée dans la ruralité, ancrée dans la réalité d’un territoire.

Le précédent chapitre nous permet d’entrevoir le contenu de celui-là.

Rien n’est permanent, sauf le changement... Cet adage donne le ton, il est le garant d’une ruralité en perpétuelle mutation, d’une réalité subie par des entreprises freinées dans leur développement par un déficit de professionnels compétents.

Préalable...

Le secteur de l’insertion par l’activité évolue en marge ou dans la marge depuis sa création. Ce positionnement répond selon nous au fait qu’il s’appui sur des activités associatives. Ce premier constat peut paraitre désuet, il est pourtant fondamental. Proposer une activité associative, même salariée, c’est proposer une activité. 

Une première distorsion apparait dès ce préalable posé. L’IAE est dans sa volonté et dans sa mission un lieu de passage, hors, la réponse proposée est une réponse qui ne conduit pas vers l’emploi, elle fait rentrer dans l’emploi (L’IAE recrute et intègre). Les notions de parcours, de passerelles, de passage, de temps défini par un droit à durée déterminé (l’éligibilité) ne sont pas déterminante dans la création et/ou le positionnement des dispositifs. Ce constat de «l’éphémère» devrait pourtant selon nous être le préalable à toute les créations de dispositifs IAE. Des structure pérennes pour des salariés «éphémères» (en transit). Des cursus «éphémères» pour des besoins en perpétuel mutation.

L’activité (sa production) d’une structure de l’IAE est le piège qui la conduit à se refermer sur elle même. Son positionnement en marge lui impose de produire pour survivre. Ce constat perverti fortement sa mission puisqu’il la fait passer au second plan. Il ne s’agit plus pour les structures de l’IAE de produire de l’insertion (sorties positives), mais de produire suffisamment pour garantir sa pérennité. Son action n’est plus de remettre en scelle ses salariés, mais de les rendre suffisamment productif pour elle. C’est ces conditions qui conduisent les structures de l’IAE à conserver leur salariés en insertion sur des durées les plus longue possible (On ne se prive pas des meilleurs éléments puisqu’ils assurent par leur travail l’autofinancement de la structure). Pour que ce préalable soit complet il vous suffit de mettre cet énoncé en perspective avec la notion de chantiers extérieurs pour que la structure passe du statut de partenaire possible à celui de concurrent du secteur ou elle évolue et d’ou elle pourrait puiser les sorties positives qui sont le coeur de sa mission. En d’autres termes, les structures de l’IAE scient la branche sur laquelle elles sont assises...

Le projet Ins’Temp aura cette particularité forte. Il n’évoluera pas sur un secteur d’activé défini, il évoluera en fonction des besoins et des attentes de ses partenaires. Nous travaillerons sur deux axes dominants et sur une plus-value.

1) Les savoirs faire transversaux.

2) Les savoirs faire de base.

La plus-value se fera sur les savoirs être, tant en entreprise (l’employabilité) que dans le quotidien.

Les savoirs faire transversaux constitueront le tronc commun de tous les parcours et de tous les salariés en parcours. Ils interviendront de manière dominante en début de parcours.

Les savoirs faire de base seront définis par les partenaires demandeurs. Ils seront transmis à l’encadrement technique d’Ins’Temp quiétablira avec le responsable pédagogique la marche à suivre pour l’acquisition de ces savoirs.

 

Réactivité, Besoin...

Une structure d’accompagnement répondant en temps réel aux besoins des communes de la communauté de communes et des entreprises.

 

Préalable...

Les structures de L’IAE sont «alimentée» en main d’oeuvre par l’éligibilité de ses salariés. Cette éligibilité ne vaut qu’un temps (24 mois en contrat CUI). Tous les secteurs d’activités (secteur marchand) répondent à une saisonnalité. Leurs besoins en mains d’oeuvres ne sont pas les même selon les périodes de l’année. 

Les structures de l’IAE recrutent toutes sur le rythme de l’entrée / sorties permanentes. Ce rythme additionné  à la durée d’éligibilité  et à la saisonnalité du secteur marchand devrait de fait, imposer aux structures de l’IAE  de mesurer précisément les périodes optimales de sorties de leurs salariés. La nature «éphémères» des contrats CUI pourrait alors être raccord avec les périodes de sorties. Il ne fait guère de doute que la prise en compte de ces facteurs porterait un coup fatal aux entrées / sorties permanentes.

Le Projet Ins’Temp proposera 4 périodes de recrutement par an (une par trimestre). Ce calendrier sera dicté par la saisonnalité des besoins des entreprises. Il permettra en termes de préparation et de parcours de garantir un socle incompressible de 3 mois en parcours.

Les recrutements se feront sous la forme d’informations collectives ou les candidats feront actes de candidatures. Ces informations collectives feront très précisément mention des secteurs visés par ledit recrutement. L’objectif de ces informations collectives sera de constituer un groupe de 10 personnes (une promotion) dédié aux secteurs identifiés en tension et en attente. 

Exp : L’hôtellerie recrute sur deux périodes : Mai / Juin et Décembre. Le recrutement pour ce secteur est établi en Juin et Décembre...

Le recrutement sous la forme de promotion n’est pas un hasard. Il offre beaucoup de moyen en matière de dynamique de groupe. Nous développerons son importance dans le chapitre suivant. 

Le choix de l’information collective a aussi son importance, puisqu’il permet de donner à tous la même information dans le même temps, dans le même état d’esprit, dans les mêmes conditions et dans le même espace. L’explication très détaillée du parcours proposé ne laisse pas place à l’incompréhension ou au choix par dépit.

Nous utilisons ici le terme de choix par dépit parce que devant le caractère très dynamique de la présentation, les candidats qui font actes de candidatures sont généralement retenus. En d’autres termes, c’est les salariés qui décident de venir et non nous qui les choisissons.

Le seul critère de sélection devient de fait, la motivation personnelle des personnes présente et éligible au CUI.

 

 

Dynamisme, Offres...

Une proposition de parcours d’insertion dynamique, de formations millimétrées orientées vers les services à la personne, vers les déficits en main d’œuvre dusecteur marchand.

La complexité de la mise en place de parcours d’insertion dynamique réside essentiellement dans nos représentations des publics accueillies en insertion. Ces représentations sont évoquées dans le préalable de ce dossier. Elles sont celles qui ont motivé et initié l’IAE. 

Les contraintes réelles ne sont pourtant pas légion.

Nous disposons de contrats de travail dédiés à cette mission,les Contrats Unique d’Insertion (CUI). 

L’usage veut que la durée en parcours d’insertion soit calculée sur la durée maximale de ces contrats et des droits à l’éligibilité à ces contrats (24 mois), et que les rythmes de travail soient «adaptés» aux salariés bénéficiaires. 

Le tout étant couronné par une prise en charge financière à hauteur de 24 heures hebdomadaire là ou les contrats de 35 heures du secteur marchand correspondent de plus en plus à une base 40 heures.

Des contraintes peu nombreuses, mais qui limitent considérablement les possibilités de manoeuvre des dispositifs en présence.

Comme les projets J’Offre et Pro’Mess, le projet Ins’Temp fonctionnera sur le principe de la montée en puissance.

Montée en puissance horaire (annualisation du temps de travail).

Montée en puissance des savoir-faire.

Montée en puissance des savoir-être.

Il nous paraît important de préciser à ce stade de la présentation que les rythmes de travail propres au secteur marchand seront eux rigoureusement respectés. On ne travaille pas moins vite, on travaille moins longtemps au début et c’est la progression du temps de travail qui conduit les bénéficiaires à devenir attrayants pour les employeurs partenaires.

 

La montée en puissance horaire :

Nous avons vu plus haut que la durée hebdomadaire des CUI était prise en charge à hauteur de 24 heures hebdomadaires. Les salariés en parcours seront par conséquent rémunérés sur cette base toute la durée de leur parcours.

Nous créons une dynamique par la montée en charge horaire effectuée par les salariés. 

La montée en charge horaire est établie sur un cycle de 12 semaines (S1 à S12). ce cycle correspond aux deux axes de travail du projet. 12 semaines pour les savoirs de bases et 12 de plus pour les savoirs transversaux. 

La semaine S12 correspond à une période de congés. 

N° semaine :   S1 S2 S3 S4 S5 S6 S7 S8 S9 S10 S11 S12 Total

Nmb heures payés : 24 24 24 24 24 24 24 24 24 24 24 24 288

Nmb heures effectuées : 15 15 17 17 20 20 30 30 30 35 35 24 288

Le cycle permet d’équilibrer les sommes perçues et le travail effectué chaque fin de trimestre. Il régule naturellement le nombre de personnes en présence sur le site et permet ainsi à l’encadrement un meilleur suivi individuel des bénéficiaires. Il introduit dès l’entrée en activité les contraintes liées au travail en équipes (matin / après-midi) et dégage en début de cycle des demi-journées qui sont mises à profit pour régulariser les situations sociales des bénéficiaires.

Chaque cycle correspond à un socle incompressible de savoirs.

 

Montée en puissance des savoirs faire : 

Nous venons de voir que les cycles de travail correspondent aux axes de travail du projet Ins’Temp. 

Nous commençons ces apprentissages par le socle des savoir-faire transversaux. Pourquoi ce choix ?

Tout simplement parce qu’ils sont transférables et toujours utiles. Quel que soit le devenir professionnel des bénéficiaires, ces compétences valables partout contribuent de façon pérenne à son employabilité. 

Exemple de compétences transférable : Organisation d’un poste de travail, geste et posture, hygiène / nettoyage...

Ces compétences sont acquises par le biais d’actions d’entretiens du site et de missions ponctuelles au service de la Communauté de Communes.

 L’acquisition des savoir-faire de base intervient après 12 semaines de présence en parcours et constitue le socle de compétences nécessaires à une sortie en emploi. Le contenu de ce socle est variable et est constitué en partenariat avec les partenaires demandeurs.

 

Montée en puissance des savoir-être.

Ce point sera largement expliqué et développé dans le chapitre sur l’employabilité. Nous n’aborderons ici que les aspects dynamiques de cette démarche.

La règle du gagnant / gagnant... 

Elle répond à une question simple : « Peut-on agir sans être ?». 

Le choix d’un recrutement de groupe...

Elle répond à une règle simple : «J’étais seul, aujourd’hui je suis une partie constituante d’un tout.».

 

Parenthèse :

Le groupe dans son fonctionnement est un moteur dynamique. Il détient naturellement du positif et du négatif. Il met en lumière des traits de caractères et dévoile des personnalités. Il génère une hiérarchie qui induit des règles et des codes. Il est donc un livre ouvert sur les personnes qui le constituent.

Fort de ce constat, le projet Ins’Temp intègre dans son fonctionnement deux temps de travail dédiés au groupe. Le premier est un temps individuel où chacun, en entretien hebdomadaire, s’exprime sur les éléments constitutifs de son engagement. Ces éléments prennent la forme d’une « charte » comportementale appelé «P.A.R.I.E.» (Ponctualité, Assiduité, Respect de la consigne, Intégration à l’équipe, Etat d’esprit). Cet outil permet d’effectuer un état des lieux et s’appuie sur la discussion. L’encadrement souligne les fonctionnements et les dysfonctionnements ; il met en perspective les effets induits par les deux. Cet entretien fait émerger les cristallisations négatives, elles sont exprimées, traduites et réutilisées lors du deuxième temps hebdomadaire dédié au groupe.

Le deuxième temps prend la forme d’une réunion plénière en fin de semaine (vendredi matin). C’est sans aucun doute le moment le plus fort de la semaine en matièrede dynamique de groupe. La règle de cette réunion est également très simple : «tout peut être dit, tout doit être dit.». Elle est le temps ou tous les conflits larvés, toutes les frustrations s’expriment. Les maux y sont mis en mots, les réponses sont trouvées et données par les groupes.

Un troisième élément dynamique est également à dégager. Le recrutement par promotion ouvre une première dynamique que nous venons de détailler. Le recrutementtrimestriel de promotions ouvre lui, sur une toute autre perspective puisqu’il introduit une notion beaucoup plus compétitive à la démarche et aux parcours. 

Ins’Temp, dès la fin de la première année pilotera 4 promotions. Nous vous laissons imaginer la dynamique qui en résultera...

 

Partenariat, Complémentarité...

Une proposition de parcours de remise en emploi établie en partenariat et à la commande des entreprises concernées par ces déficits (le savoir faire).

Préalable...

Nous avons vu au chapitre «Évolution, Réalité...» Que le positionnement des structures de l’IAE était la principale cause de «l’absence» de possibilités de sortie pour les salariés. Nous ne nous étalerons pas beaucoup plus sur le sujet sinon pour dire que plus les partenariatsavec les réalités et les besoins du secteur marchand sont nombreux, plus les possibilités offertes aux salariés sont variés.

En matière de remise en emploi, le projet Ins’Temp dénombre 4 filières de partenariats :

La première est la communauté de communes du Rhin.

La seconde est les entreprises de ce bassin d’emploi et au-delà.

La troisième est le secteur de l’intérim avec un partenariat exclusif «Proman» (contrats de professionnalisation, relais entreprises...).

Le quatrième, les fédérations professionnelles.

 

La complémentarité réside à quatre niveaux : 

Le premier est la lisibilité du marché de l’emploi (Prospective)

Le second est le ciblage des secteurs demandeurs au moment du recrutement.

Le troisième réside dans l’élaboration millimétrée des parcours.

Le quatrième réside dans la présence ressource d’Ins’Temp après la sortie des salariés en entreprise (une sorte de SAV).

 

Accompagnement, Employabilité...

Un accompagnement des bénéficiaires des parcours basés sur l’employabilité (le savoir être).

Préalable...

L’accompagnement est une des spécificité des dispositifs d’insertion. On parle toujours d’accompagnement socio-professionnel. Et on dédie toujours un professionnel de ce secteur à ce sujet. Nous avons choisi de le développer dans le même chapitre que l’employabilité. Ce choix n’est pas anodin, pourquoi ?

 

Le public accueilli dans les dispositifs d’insertion arrive dans ces dispositifs suite à une série de déconvenues sociales. C’est son incapacité momentanée à régler ces déconvenues qui le conduisent à l’exclusion.

L’objet des dispositifs d’insertion par l’activité est de remettre ses bénéficiaires à l’emploi.

Une analyse rapide de ses deux premiers point fait apparaitre que l’exclusion intervient quand la sphère du privé prend l’ascendant sur celle du professionnel. L’exclu en devenir ne fait plus la part des choses, il s’enferme dans une dynamique qui le conduit à s’exclure. C’est une période de déstructuration optimale, ou il n’existe plus aucune séparation entre privé et professionnel. une période ou il ne sait plus être en entreprise. il perd son attractivité et se voit remercié.

Nous nous trouvons donc face à un public qui, dans sa perception et dans son fonctionnement, n’a qu’un seul registre. Shakespeare dirait « être ou ne pas être ».

Un seul registre pour entreprendre un parcours qui va lui imposer de travailler sur deux fronts. Il va devoir réapprendre à dissocier le privé du professionnel.

A ce stade de notre développement, nous arrivons face à une nuée de paradoxes.

C’est son statut de salarié qui doit le conduire à résoudre les problèmes qui concerne le privé alors que c’est la sphère du privé qui l’a exclus du salariat.

Le dispositif d’insertion qui l’accueil est structuré comme une entreprise (hiérarchie, partage des tâches, missions, objectifs...) elle lui demande de structurer sa démarche en la dissociant alors qu’elle relève de la sphère du professionnel et qu’elle s’immisce dans celle du privé.

Pour l’aider dans sa démarche il a en face de lui un interlocuteur unique, le chargé d’accompagnement socio-professionnel. Interlocuteur qui change en permanence de casquettes selon qu’il aborde le professionnel ou le privé.

 

Questions : 

Ces paradoxes ouvrent-ils la voie d’une restructuration nécessaire ?

«L’étalage» du privé dans la sphère professionnelle ne justifie t’elle pas la mise en place d’une «bulle» lui garantissant qu’aucune interaction induite, qu’aucun mélange des genres ne soient possible ?

C’est pour répondre à ces questions que le projet Ins’Temp prévoit une dissociation totale de l’accompagnement social et de l’accompagnement professionnel. Cette dissociation n’est pas un gadget, elle est fondamental puisqu’elle permet au delà de sa dimension structurante de définir beaucoup plus précisément les étapes, les temps et les moments. 

Elle interdit également que l’encadrement technique soit pris en otage de ses propres ressentis face à un bénéficiaire qui en userait pour se réfugier et couper par cette action sa marche en avant.

 

Des étapes et des temps...

Nous avons vu lors du développement des cycles de travail (montée en puissance horaire) que le début de chaque cycle intégrait 6 semaines ou les bénéficiaires travail en 1/2 journées. L’accompagnement social interviendra essentiellement sur ces périodes.

Il nous faut préciser ici que les salariés en insertion seront recrutés pour une période de 6 mois, soit 2 cycles.  

Deux cycles, deux périodes propices, deux périodes pour initier et concrétiser les étapes.

L’employabilité...

Définition : employabilité... Larousse. Nom féminin.

« Capacité d'une personne à être affectée à un nouveau travail ».

Pour en savoir plus : 

http://www.insep-editions.com/pdf/extrait_developper_lemployabilite.pdf

 

Préalable...

Au terme,capacité, nous préférerons le synonyme,aptitude,. 

Pourquoi?

En termes d’employabilité, la spécificité des publics que nous accueillons pourrait se résumer en deux mots : Aptitude et attitude. Ou plutôt dans leur contraire «inaptitude» et (pardon pour ce barbarisme) «inattitude».

Cette approche sémantique s’impose puisque notre champ d’intervention se limite à l’acquisition et à la mise en adéquation de savoirs, ces savoirs sont intimement liés et il vont du «faire» à «l’être» et vice versa. 

Le décryptage et  la reconquête de ces savoirs sont, ou devraient être les seuls objectifs d’une structure d’insertion, puisqu’ils induisent l’intégralité des problématiques qui maintiennent les salariés en parcours dans leurs situations d’exclus. De manière plus simple et plus imagée, on ne fait pas un démarrage en côte sans desserrer le frein à main.

La complexité d’une reconquête de l’employabilité dans une structure de l’insertion réside pour beaucoup dans la disproportion des représentations de l’exclu pour lui même. Nous pouvons comparer cette représentation avec ce que Lacan explique quand il parle de «stade du miroir».

Cette complexité est renforcé par la nature atypique des structures qui accueil. 

Leurs connotations «insertion», leurs positionnements en marge ou dans la marge, induit une notion de distance à parcourir, de barrières à franchir. Autan de paramètres supplémentaires à intégrer, autan de frein supplémentaires à supprimer.

Pour finir la mise en place du décors (et oui, il ne s’agit là que du décors), une structure de l’IAE accueil suite à une éligibilité. Eligibilité à un contrat aidé dont la durée ne pourra pas excéder 24 mois. Par conséquent, elle accueille pour exclure.

Comment, dans ces conditions, construire l’employabilité des salariés qui la constituent ?

Pour permettre une compréhension optimale de la démarche, nous allons utiliser une image qui selon nous est à la fois très proche et suffisamment parlante.

Cette image est celle d’un centre de contrôle technique automobile. 

Il accueille des véhicules en état de marche. 

Il en vérifie le fonctionnement. 

Il dresse une liste des dysfonctionnements. 

Il transmet cette liste pour réparation. 

Et pour finir, il re-vérifie après réparation.

Les véhicules qui y rentrent, savent qu’il ne s’agit là que d’un passage, dont l’issue sera très probablement positive. Les dysfonctionnement sanctionnés et réparés permettent aux véhicules au pire un bon fonctionnement au meilleur un parfait fonctionnement.

Pour l’employabilité nous dirons que nous accueillons un public en perte de repères et en déficit d’image. Nous vérifions ensemble les domaines concernés par ces pertes et ces déficits. Nous les identifions, les soulignons, les retransmettons. Nous observons tout en continuant nos vérifications les modifications faite par les personnes accompagnés. Les outils utilisés on été développés dans le chapitre «dynamisme, Offre».

 

Confiance, Regards...

Un atelier du «néant» dédié aux bénéficiaires les plus en mal de repères.

 

Préalable...

Une bataille de chiffres, des écrans statistiques... 

L’IAE a progressivement pris l’habitude d’évoquer ses « échecs » de manière chiffrée. Il n’est pas rare comme nous l’avons évoqué dans l’introduction d’entendre les acteurs de l’insertion dire que seul 25% des personnes bénéficiaires des minima sont employables. Cette approche numérique est très confortable puisque non seulement elle déshumanise l’échec, mais en plus elle cautionne et justifie les faibles taux de remise à l’emploi. Les ACI j’Offre et Pro’Mess ont déjà prouvé qu’il ne s’agit là que d’un écran de fumée puisqu’ils remettaient en emploi plus de 75% de leurs bénéficiaires. La mise en place, à l’intérieur des structures de l’IAE, d’outils ayant pour vocation de décortiquer ou, au mieux, de comprendre cet échec relatif permettrait de faire évoluer les structures dans le bon sens si il existe.

Les dernières lignes du chapitre sur l’employabilité donnent le ton. L’introduction de ce dossier de présentation donne le tempo.

75% de personnes remises en emplois représente 25% de personnes restées sans réponses... Le projet Ins’Temp ne peut ignorer cette réalité. L’atelier du «Né En» est l’outil dont nous nous dotons pour comprendre et élaborer les réponses dédiés à ce dernier 1/4.

Encadré par un binôme (un artiste et un psychologue clinicien), cet atelier a pour vocation de créer à partir de rien. Ou plus précisément, de n’utiliser que des déchets (récupération, objets encombrants, contenu de poubelles...) comme matière première à la création. 

Il est le sas de réactivation des sens, de redécouverte du sens, de ré-appropriation de «l’être».

Il propose à partir de rien du « faire ». De ce « faire » renait « l’être » parce que l’un ne va pas sans l’autre. cet «être» qui «fait», fait naitre un «regard», un «avis», un «point de vue», un «échange», un «partage», une «reconnaissance»,une « re-connaissance », une «connaissance », une « identité », un « moi ».

L’atelier du «Né En» est le lieu de tous les possibles et de tous les impossibles. Il est le prétexte aux regards à la communication, à l’évènementiel.

 

Lieu, Identité...

Un site dédié, évolutif, fédérateur.

Une usine en friche, un site historique, etc...

Tous les supports d’évolutions sont possibles. Nous nous imposons cependant une contrainte. Cette contrainte est le fait que déonthologiquement le lieu appartienne à une collectivité locale ou territoriale. 

Pourquoi ?

Tout simplement pour que l’action d’insertion (qui sert l’intérêt général), corresponde à une plus value pour la collectivité en revalorisant un patrimoine lui appartenant. Ce positionnement à l’élément fondateur du sens à donner à l’action.

Un parcours d’insertion pour être efficace doit avoir du sens à tous les niveaux. Le projet Ins’Temp intègre comme vous l’avez déjà constaté cette notion dès sa genèse. Le site à également un rôle prépondérant en matière de sens à donner. Si celui là n’est pas chargé d’histoire à l’instar du fort Joffre, il trouvera son sens dans le fait d’actualité sus-cité. Ce site a vu bouger les lignes, il a fait bouger les lignes. L’approche du projet Ins’Temp que vous venez de découvrir ne fait rien de plus que cela...

 

Préalable...

Nous avons vu au chapitre «Evolution, Réalité...» les effets qui enferment les structures de l’IAE. nous les résumerons ici dans cette simple phrase : C’est parce que les structures de l’IAE s’ouvrent à la concurrence qu’elles se ferment les portes de sorties pour leurs salariés. Si il est un paradoxe fort dans l’IAE, c’est sans conteste celui là. S’ouvrir, c’est s’enfermer, s’enfermer c’est s’ouvrir.

 

Un site dédié... ou... Un échange de bons procédés...

Pour plus de clarté, nous prendrons l’exemple d’une friche industrielle appartenant à une communauté de communes...

L’utilisation, la réhabilitation, l’entretien de ce site pourrait rapidement devenir un gouffre financier. Le Projet Ins’Temps lui offre une opportunité novatrice. L’entretien, la réhabilitation, la sécurisation du site deviennent les outils par lesquels Ins’Temps prépare et forme les salariés éligibles de son secteur géographique. 

Ce fonctionnement offre à la Communauté de communes de toutes nouvelles perspectives. Nous ne résonnons plus ici en «appels d’offres» en études prospectives d’utilisation du site. La communauté voit son bien évoluer progressivement. Elle définie des zones des secteurs à réhabiliter en fonction de ses besoins, de ses projets... 

Le contenu des parcours des salariés en insertion (savoirs transversaux et de bases) est calqué sur ces besoins. La réhabilitation, l’entretien, la sécurisation du site deviennent des outils de préparations, de formation.

Cette mutualisation de moyens, cet échange de bons procédés, permet à la Communauté de communes de minimiser très fortement les dépenses inhérentes au site puisqu’il lui suffit de supporter 30% du budget de fonctionnement du projet Ins’Temps... Plus qu’une réhabilitation, ce fonctionnement permet une utilisation de l’argent public non seulement utile, mais également productrice et génératrice de valeurs et d’amélioration de vies. Les investissements faits ne se réduisent pas à la dimension patrimoniale que représente le lieu ; ils intègrent, impliquent et impact les administrés.

 

Conclusions...

Le projet Ins’Temps n’est pas une martingale, il est tout au plus une approche rationnelle et mobilisatrice, positionnée au coeur d’un territoire géographique et économique. Ce positionnement volontairement dynamique supprime les sentiments de marginalisation et de cristallisations subit généralement par les bénéficiaires de l’IAE . Il ouvre sur des possibles insoupçonnés en concentrant son action sur les exigences économique et les besoins humains réels d’une communauté. Il est le chemin le plus direct vers une insertion durable.

 

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