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Graines d'anarchie...

Et si la distance n’était qu’un prétexte à l’éloignement ?

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Introduction…

 

Les nouvelles modalités de conventionnement  Etat-IAE font clairement mention d’une obligation de résultats. 

Si, jusqu'à présent, les structures de l’IAE n’avaient qu’une obligation de moyens, cette nouvelle donne va les conduire à devoir modifier fondamentalement l’approche de leur mission.

L’obligation de résultat devenant clairement le sésame incontournable au conventionnement.

 

Ce fait vient se heurter de plein fouet avec le positionnement historique des structures de l’IAE. De très sociale, elles vont devoir devenir très productive de sorties positives (secteur marchand) et ce, quelque soit la philosophie et l’objet qui les a conduit à voir jour.

 

Plus qu’un changement, cette nouvelle approche constitue un véritable bouleversement de la conception de l’IAE.

 

Que vous soyez dirigeant, administrateur, encadrant ou financeur ces bouleversements ne se feront pas sans un véritable travail de fond.

De la vocation à la conception en passant par la simple perception de cette nouvelle mission, l’intégralité des rouages qui conduisaient vos actions vont devoir être revu, repensé, adapté…

 

Qui suis je...???

 

Genèse

 

En mars 2002 je conceptualisais un « chantier d’insertion » et je le présentais face à la CDIAE du Bas-Rhin. Ce chantier d’insertion s’appelait Fort’ins, il était positionné sur un secteur en tension (le BTP) et avait la folle ambition de remettre tous les bénéficiaires qu’il « accueillerait » et qui iraient au terme de 12 mois de contrat à l’emploi sur le secteur marchand…

 

Aussi surprenant que cela puisse paraître, la CDIAE du Bas-Rhin m’apporta sa confiance et son soutien et ce chantier vit le jour. 

6 mois après le démarrage de son activité, 80% de l’effectif du chantier se vit absorbé par le secteur marchand. (Première équipe de 10 personnes, 8 sorties positives).

 

Au terme de cette première année 16 des 20 contrats aidés qui avaient été signés étaient en activité dans le BTP. Le chantier d’insertion étant validé pour 10 contrats aidés par an, les résultats obtenues allaient bien au delà de toute les projections les plus optimiste…

 

La méthode, le montage, l’approche, la pédagogie qui avait conduit à ces résultats se vit alors confirmé et la CDIAE pris le parti de la faire monter en puissance… L’effectif de ce premier chantier fut doublé. Là encore, les résultats parlèrent d’eux même (75% de sorties positives). L’accroissement de l’effectif imposa une révision complète de la méthode, du parcours et de la pédagogie. Cette remise en question permanente allait devenir la force du dispositif.

 

Le chantier changeât de porteur et de nom. De Fort’ins il devient J’Offre mais la philosophie sur laquelle il avait été construit fut préservée : Pour qu’une structure de l’IAE ait des sorties positives, il lui faut correspondre à une réponse espérée par le secteur marchand. 

 

Correspondre à un besoin d’activité pour les publics décroché de l’emploi ne conduit malheureusement pas à l’emploi. Il permet tout au plus de proposer un espace de temporisation, un espace d’accueil. 

 

C’est la contradiction de ces constats qui a conduit les structures dont c’est la mission à s’établir dans la marge au lieu de s’encrer dans la demande et d’aller puiser leur ressources dans la dite marge…  

 

C’est cette même contradiction qui me conduit aujourd’hui à vous proposer mes services.

Fort’ins, J’Offre puis plus tard Pro’Mess (Hostellerie, restauration) furent des laboratoires qui m’ont permis d’expérimenter, de vérifier et d’éprouver la pertinence et l’efficacité de cette démarche. Il est temps pour moi de m’ouvrir à tous pour que cette approche se développe.

 

La violence contenue dans le mot « insertion » ne se règlera pas avec des parcours jalonnés de bon sentiments. Etre solidaire, aider, prendre par la main, accueillir permet de confirmer et de conforter « l’exclus » dans le statut ou il a été conduit.

L’IAE est une étape d’où l’on sort, pas une étape ou l’on s’établi…

Il est temps pour moi de poser une première question : Comment faite vous pour les « pousser » vers la sortie ?

 

La perception…

 

Etre en contrat aidé correspond t’il à être dans l’emploi ?

 

Les nouvelles modalités de conventionnement nous donne aujourd’hui une réponse négative à cette question. 

Etre en contrat aidé doit conduire sont bénéficiaire à l’emploi. L’IAE devient de fait un lieu ou le « bénéficiaire » va rencontrer et se lier à son futur emploi. 

 

Parler de recrutement et d’accueil dans l’IAE devient compliqué, puisque cela induit pour le « bénéficiaire » qu’il accède à l’emploi et qu’il peu par conséquent entamer sa démarche d’intégration dans « l’entreprise ». Difficile pour lui de concevoir qu’il est la pour partir au moment même ou on lui ouvre la porte.

 

Cette approche met en lumière un premier bouleversement. 

Si la structure de l’IAE ne peu plus considérer qu’elle recrute et qu’elle accueil, si elle devient lieu de rencontre… L’identité qu’elle sait construite (entreprise, atelier, chantier, restaurant…) se réduit au rôle de structure, de passerelle, de lieu de parcours voir même d’élément dans un parcours…

 

Mon approche extrême de la perception peu faire sourire et il est vrai que je pousse un peu loin le bouchon… 

 

Elle est pourtant construite sur des constats extrêmement simples : 

  • Il est très difficile de faire bouger une personne qui s’installe
  • Il est encore plus difficile de lui faire comprendre quand elle est installée qu’elle n’a pas d’avenir dans la structure qui vient de l’accueillir. 
  • Que son entrée en contrat aidé a déclanché un compte à rebours de 24 mois qui se finira par la disparition de son éligibilité à ce même contrat.
  • Que passé ce délai, elle n’aura d’autre choix que de retourner à la case départ ou accéder au secteur marchand…

 

Les objectifs fixés par les nouvelles modalités de conventionnement vont pourtant modifier fondamentalement ces constats. Les structures de l’IAE ne seront plus évaluées sur leur aptitude à accueillir, mais sur leur aptitude à « sortir » leurs bénéficiaires.

 

Les structures qui sauront établir et mettre en œuvre des  parcours court débouchant sur l’emploi marchand pourront voir leur avenir avec sérénité… Pour les autres ?

 

Ce fait aura lui aussi un effet induit puisqu’il compliquera considérablement pour la structure le rapport à l’auto financement. L’employabilité (dans sa forme production) devenant un des éléments déclencheur de la sortie du « bénéficiaire ».

 

Après cette mise en bouche, le chantier lié au modification à apporter à la simple notion de perception de l’IAE apparaît comme beaucoup plus clair voir gigantesque…

 

Cette première étape pourrait naturelle conduire les structures les plus sociales à ce questionner sur leur place face à de tel bouleversements. Elle me conduit à ouvrir un autre chapitre : L’IAE, de son utilité à son utilisation…

 

L’IAE… de son utilité à son utilisation…

 Dès son origine, l’IAE a eu pour mission la reconquête du secteur marchand par des publics en marge.

Dès son origine l’IAE a été utilisé comme une zone de délestage vers laquelle étaient orientés ces mêmes publics.

 

Aujourd’hui, la distorsion née de ces deux constats est telle que l’IAE elle-même y a perdue sont Latin.  Le chapitre sur la perception en est une illustration flagrante.

 

Les nouvelles modalités de conventionnement confirment l’utilité de l’IAE. Elles redéfinissent son utilisation.

 

Une très rapide analyse fait clairement apparaître la distorsion à laquelle les structures de l’IAE vont rapidement devoir faire face.

Depuis leur création, leur pérennité passe par une part parfois non négligeable d’auto financement. Cette part repose sur les effectifs qui aujourd’hui sont le cœur de cible des nouveaux objectifs.

 

Là, c’est la redéfinition des parcours, des compétences transmises, des rythmes qu’il va falloir revoir. Ils devront correspondre aux besoins du secteur marchand pour générer des sorties positives. 

Les contraintes de l’auto financement devront être adapté et transférable. Il faudra établir, lister, disséquer les savoirs faire acquis. Les sanctionner, les verrouiller et les valider.

Toutes ces étapes seront nécessaire à une lisibilité claire par le secteur marchand des savoirs faire réel détenus par les personnes. C’est cette lisibilité qui fera émerger l’attractivité du secteur marchand pour les salariés issue de l’IAE.

 

Ces missions sont bien éloignées du quotidien des permanents des structures de l’IAE. Il faudra les former à ces nouvelles tâches.

 

Objectif, résultats…

 

L’obligation de résultat faisant loi, les structures de l’IAE n’auront pas d’autres choix que de se rapprocher du secteur marchand. 

 

(Mon vécu de directeur d’un ACI m’a conduit un jour à déclancher les foudres de tout un CA qui vivait comme une trahison idéaliste les rapprochements que j’opérais en direction d’une émanation du MEDEF… Ce rapprochement fini pourtant par garantir l’intégralité des sorties de l’ACI).

 

Les choix possibles pour les structures de l’IAE se résumeront à peu de choses :

  • Pouvoir garantir la pérennité des contrats qu’ils signeront
  • Avoir des liens suffisamment fort et ouvert avec le secteur marchand pour garantir une opportunité de sortie à l’intégralité de leurs « bénéficiaires » à l’issue de leurs parcours…

 

Nous avons vue plus haut que l’IAE est née pour permettre à un public en marge de reconquérir sa place au sein de la société. 

En observant le positionnement des structures de l’IAE, on constate qu’elles se sont presque toute rapprochées de ce public en se construisant dans la marge.

Elles relèvent toutes et quelque soit leur activité de l’économie solidaire.

Leurs activités (Tri, récupération, retape…) n’a que peu de lien ou de points commun avec les savoirs faire usités sur le secteur marchand. 

Leurs activités de services permettent le plus souvent de palier à un déficit ponctuel, géographique ou sectoriel qui n’intéresse pas le secteur marchand par manque de rentabilité. Elles occupent des micro niche peu valorisante car peu valorisable qui les pousse un peu plus vers l’isolement et qui surtout ne permet pas ou peu la montée en compétence des salariés qui les occupent.

Seul les structures officiant sur des secteurs clairement identifiés (BTP, restauration…) peuvent tirer leur épingle du jeu. Là, c’est la perception et le fait incontournable qu’elles soient des concurrent (souvent considéré comme déloyale) qui fait barrage.

 

Que ces missions soient toutes très importante ne fait aucun doute puisqu’il s’inscrit dans un vide et qu’il est ancré dans la prise de conscience collective qui pousse tout un chacun à valoriser ou recycler…

 

La clé qui conduira les structures de l’IAE à pouvoir construire les passerelles nécessaires à l’accomplissement des leurs objectifs réside en une seule question :

 

Je suis utile à qui ?

 

Nous avons vue qu’elles sont utiles à la collectivité comme à leurs bénéficiaires. 

Sont t’elle utile à une profession ou plus directement à une professionnalisation ?

 

Il est un adage qui dit que : « la plus belle des femmes ne peu donner que ce qu’elle a… ».

Utilité ne rime pas avec attractivité… 

 

Les structures de l’IAE apportent pourtant toutes un plus, il est peu être temps pour elles d’exploiter ce plus qui les rendra attractives…

 

Philippe DRENNTEL.

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